lundi 13 octobre 2014

#8# Un sourire de plus au Royaume de Siam !

Mais quelle semaine ! 

Les jours ont défilé à une allure ... ! Je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer (et le manque de sommeil en témoigne !). Je vais tâcher d'en faire un résumé.

"Au boulot" (car oui je peux faire comme les grandes personnes maintenant et dire que "je bosse"), mon anglais est de plus en plus fluide, je suis encore loin d'être bilingue, mais mon maître de stage me comprend et je le comprends en retour, autant dire que ça facilite le travail ... Mes missions tournent toujours autour du site internet, m'occuper de l'accueil, poster des affiches dans la ville (bon plan pour prendre le soleil) ... L'ordinateur mi-thaï mi-anglais est un frein parfois, mais notre relation s'améliore. J'ai pu assister à un Workshop ! Génial pour apprendre à se servir d'un appareil photo correctement ... simplement, je n'ai pas assisté au deuxième jour concernant l'exercice (la suite expliquera pourquoi).

L'événement de la semaine a été l'arrivée de Marion, petite frenchie du sud (comme moi) : elle est née à Marseille (comme moi), elle va à Aix à la fac (comme moi ... du moins si Sciences Po ne finit pas sous les barricades étudiantes), elle fait un stage en ONG (comme moi) et elle reste à Chiang Mai pour un moment (6 mois, pas comme moi mais à 3 mois de différence on va pas chipoter). 



Marion est arrivée ce Mardi 7 Octobre. On s'est rencontré sur internet (non pas meetic, simplement expat blog, que je recommande d'ailleurs).
Dès son arrivée, je l'ai rejoint pour manger. Au cours du repas, je me revoyais en elle, 3 semaines auparavant totalement paniquée par ce débarquement en terre inconnue, perdue dans cette ville tellement dépaysante. J'en ai presque été jalouse de déceler ce sentiment chez quelqu'un d'autre : car oui, désormais, je ne suis plus autant dépaysée, je suis davantage chez moi. Si se sentir perdue de cette manière ne semble pas agréable sur le moment, après quelques temps et du recul, on se rend compte de la puissance de ce sentiment ... et finalement quand on repense à cette arrivée avec cette grosse valise et ses petits yeux encore fermés à ce nouvel inconnu, on se dit que toutes ces beautés étaient encore neuves pour nous ... cette attitude d'Alice au pays des merveilles ne m'a pas totalement quittée, j'ai encore trop de choses à voir et à connaître ici. Mais la voir d'une telle ampleur chez Marion, je crevais d'envie de revivre encore ce nouveau départ (tout en étant fière de ne pas repasser par quelques galères).

Cette semaine je me suis donc occupée de ma nouvelle petite protégée : visites d'appartements, vadrouilles en scooter, premiers repas épicés (trop épicés, elle a eu droit à une soupe et moi à une salade pas très catholiques) ... cette semaine je n'étais plus seule. Je me suis sentie fière de pouvoir l'aider à ce point : cela signifie que je me suis fait une place dans cette ville dont je commence à comprendre le fonctionnement. Désormais, notre nouvelle expatriée est bien installée dans un condo universitaire (où elle n'est entourée que de Thaïs qui la regardent comme l'étrangère ... peuchère ...). Nous avons même fait une virée à scooter pour aller chercher coussins, "draps" (puisqu'il n'y a pas de draps simples, seulement des sortes de couettes, Gilles si tu me lis, NON ON NE LES A TOUJOURS PAS TROUVES !). Concernant le retour après ces courses (où j'ai fait l'acquisition d'une bouilloire, thé&gerblés the COME BACK -du moins sans les gerblés...), je ne possède pas de photos pour vous faire profiter du burlesque de la situation : deux sur un scooter, une couette et draps de housse entre Marion et moi, un coussin pour Marion, deux sacs en plastique aussi pendus à mes bras (heureusement qu'aucune de nous deux n'étaient obèses, sinon ça rentrait pas). Mais pour autant, nous ne paraissions pas différentes des Thaïs qui peuvent monter à 3 et faire un déménagement sur un seul scoot en même temps.

Je peux le dire, Schumarie et sa Frange Raider are BACK. Je me débrouille pas trop mal à deux roues ET je reste TRES prudente aussi. 

Sinon, nous sommes sorties : ce fut épique. Après un repas birman, un petit tour au Night Bazaar (un grand marché de nuit, mais ultra touristique ... ne vaut pas le Wororot Market) et quelques acquisitions, nous avons bu un cocktail délicieux en haut d'un bar. 


The Night Bazaar



Après avoir envisagé de changer d'adresse, nous ne trouvions pas d'autres endroits sympathiques pour se poser : mais nous avions une piste. Un camion/taxi rouge, rempli d'expats fêtards, était juste devant nous : "Vas-y, suis-les je suis sûre qu'ils vont où y'a de l'ambiance", dixit Marion. Première "course-poursuite en scooter", ce camion nous a conduit à un endroit que je connaissais déjà mais que je n'aurais su retrouver : le Zoé. Une sorte de complexe de boîtes de nuit et de bars en extérieur, ambiance Backpaker assurée. Une des seules boîtes de Chiang Mai qui ferme à ... 1h30 du matin (et non ce n'est pas Aix). Nous avons bien profité de l'endroit et puis sages nous sommes rentrées.  



Et puis hier fut la plus belle journée que j'ai passée en Thaïlande (d'où le fait que je n'ai pas pu aller au Workshop). J'en ai encore des étoiles dans les yeux. Malgré la fatigue due à cette semaine intense, nous avons décidé d'aller enfin voir les éléphants ! C'est une expérience unique, surtout quand vous recevez de bons conseils pour choisir la compagnie organisatrice (Big Up Gilles !). Pour 1800 bht, une journée au top : apprendre à diriger un éléphant, prendre le bain avec eux, repas compris, cascade et rafting ensuite ! Le tout accommodé d'un joli CD avec toutes les photos.

La journée ne s'annonçait pourtant pas lumineuse ... et pour cause : la mousson ! Départ à 8h30 dans un bus qui faisait penser à une expédition Pékin Express. Trempées et souffrant du froid, nous regardions dépitées cette route totalement inondée, presque aux allures de rivière. Bien sûr, je savais que la pluie s'arrêterait et que le soleil percerait pour nous gratifier de jolis coups de soleil : mais mon acolyte en était beaucoup moins convaincue ... et oui, elle découvrait sa première mousson ! (j'ai l'impression de parler comme une Maman ...).


Un petit tour dans la cambrousse thaïlandaise me rappelant étrangement les virées en 4x4 d'Auvergne !!

Après 1h30 de route, sous la pluie, puis ensuite dans de beaux virages, nous sommes finalement arrivés, notre groupe de quatre (avec deux espagnols) à bon port. Cadre magnifique, perdu dans la montagne, petit campement d'éléphants (environ 8 je crois). 

Je peux le dire : une des plus belles expériences de ma vie. 


Qu'est-ce que ça bouffe comme bananes ces engins ! Il faut savoir qu'ici ils montaient les éléphants comme nous nous montions des chevaux en Europe. Les éléphants d'Asie ont de petites oreilles contrairement à ceux d'Afrique (petites, tout est relatif...) et seuls les mâles possèdent des défenses (c'était le point C pas sorcier).
On a donc appris les mots appropriés pour les guider ... puis en route pour la balade ! Je me suis retrouvée ni une ni deux sur une tête avec trois cheveux dressés dessus. Pas de selle, on monte à cru ! Marion derrière peu rassurée et moi totalement aux anges : HU ! YAO ! QUIN ! (oui bon je sais pas comment ça s'écrit, mais voilà les cris de guidage, tout ça accompagné de coups de pied dans les oreilles ... n'ayez crainte ça leur fait pas mal !). 



S'en est suivi le bain ! Quelle expérience, brosser un éléphant. Ce truc qui doit faire je ne sais combien mon poids et ma taille, assis dans l'eau à attendre nos petits soins. Les photos en témoignent, le pur bonheur ! (difficile à ramener dans l'avion par contre ...).

Après-manger, direction la cascade, en mode Ushuaïa ! Belle expérience, eau fraîche et soleil chaud ... parfait.


Nous sommes passés par un village d'immigrés birmans si je me souviens bien, nous avons pu voir une dame faire ses propres étoles à la main ... 



J'ai même essayé une tenue traditionnelle : les femmes non-mariées portent du blanc. Après le mariage, elle ne peuvent que porter des couleurs. Quand notre guide me demande si je veux essayer la tenue, je dis que je peux pas (pensant que bon, en étant trempée et sentant l'éléphant c'était pas une bonne idée), sa réponse : "pourquoi tu es mariée ?". Euh, Nan.
Très très très sexy ... je sais pas si les jeunes femmes donnent envie de se marier aux hommes ainsi...

Et enfin le "rafting", malheureusement pas de photo à l'appui pour l'instant. Mais imaginez 4 occidentaux sur de gros bambous rattachés formant comme une grosse planche, promenés par un jeune Thaï s'amusant à faire voir aux touristes que nous étions quelques serpents dans l'eau. Nous sommes passés à côté de villages, les autochtones nous regardant avec curiosité et nous fixant de manière intense (nous étions en maillot de bain, ceci peut expliquer cela...). Nous sommes finalement arrivés à une sorte de plage : petites maisonnettes sur le bord de l'eau remplies de Thaïs qui sortaient en famille pour pic-niquer. Et nous, arrivant presque à poil, blancs comme des c.. , essayant de regarder ailleurs pour éviter ce regard qui veut tout dire.

Suite à cela, nous sommes rentrées, une fois Marion raccompagnée saine et sauve dans son nouveau logis, retour chez moi : après inondation de la salle de bain, quelques Skypes, un repas, j'entreprends l'écriture de cet article. Mais un appel Skype m'empêche d'aller jusqu'au bout : c'était eux ! Ils étaient là, chez moi, sans être là, comme si nous étions à Aix encore une fois ... impossible de s'écouter, tout le monde parlait en même temps, une euphorie générale accommodée de bugs internet, une vague de joie m'a submergée en voyant leurs petites têtes !
Paris, Aix, New-York, Tokyo et Chiang Mai réunis ! Et il en manquait ! (jusqu'à la coupure de wifi qui n'a pas fonctionné jusqu'au lendemain matin, oui j'étais folle).


Le  bilan de ce premier mois, car oui dans deux jours cela fera 1 mois que je vis en Thaïlande. Les rues ne semblent plus étranges, je comprends le concept de vie à la thaïlandaise. Je décèle la beauté de certaines choses qui pour moi étaient encore trop différentes à mes yeux pour que j'y parvienne il y a encore deux semaines. 
J'ai des projets, je cherche à ne pas trop dépenser pour tenter de voyager un peu (mais l'argent part vite ... quand c'est pas cher, tout est plus tentant). 
Je ne suis plus toute seule pour sortir, je rencontre des têtes différentes même si elles ne sont que de passage à Chiang Mai. 
J'apprécie ce pays, ses paysages, sa population, ses habitudes. Je me sens libre ici. 
Mes yeux ne sont pas habitués au point d'être bridés, mais ils voient les choses sous un angle vraiment différent. L'adaptation n'est peut-être pas arrivée à son terme, mais je me sens bien dans ce décor. Je suis très occupée, je n'ai plus le temps de m'ennuyer, je ne cogite plus comme à l'arrivée. Cependant, mes seuls instants libres de réflexion restent encore tournés vers la France, vers vous : qu'est-ce qu'ils font, est-ce qu'ils vont bien ? Ou encore vers tous ces autres pays qui me sont inconnus mais que mes amis découvrent comme moi je découvre la Thaïlande : est-ce qu'ils y sont bien ? Comment vivent-ils cette 3 A ? 
Sachez que je pense à vous tous depuis mon petit coin de paradis, famille et amis ... quant à moi, mon bonhomme de chemin continue et ça roule plutôt bien ! 

J'arbore enfin ce sourire, cette risette, symbole de mon acclimatation !




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